GUIDE PRATIQUE
SLA informatique : comprendre les niveaux de service
GTI, GTR, 99,9 % de disponibilité : ce que ces engagements signifient vraiment, et comment les lire avant de signer un contrat.
Dans ce guide
- GTI et GTR expliqués
- 99,9 % = combien d'heures d'arrêt
- Pénalités et recours
- Lire un SLA ligne par ligne
Qu'est-ce qu'un SLA ?
Le SLA (Service Level Agreement, ou « accord de niveau de service ») est la partie du contrat qui transforme les promesses commerciales en engagements mesurables. Il répond à trois questions : en combien de temps le prestataire prend-il en charge un incident, en combien de temps le résout-il, et quel taux de disponibilité garantit-il pour vos systèmes ?
Sans SLA, « nous sommes très réactifs » ne vous protège de rien. Avec un SLA, un retard se constate, se mesure et déclenche des pénalités. C'est pourquoi le SLA est l'une des annexes les plus importantes d'un contrat d'infogérance.
GTI et GTR : les deux délais à ne pas confondre
GTI : garantie de temps d'intervention
La GTI est le délai maximal entre votre signalement et le début effectif du traitement par un technicien. Une GTI de 30 minutes signifie qu'un technicien commence à travailler sur votre incident dans la demi-heure — pas qu'il l'a résolu.
GTR : garantie de temps de rétablissement
La GTR est le délai maximal de retour à un fonctionnement normal (ou dégradé mais opérationnel, selon la rédaction — vérifiez ce point). Une GTR de 4 heures sur un serveur critique signifie que le service est rétabli dans les 4 heures suivant le signalement.
Attention à trois subtilités de lecture :
- Heures ouvrées ou heures calendaires ? Une GTR de 4 heures ouvrées sur une panne survenue vendredi à 17h peut vous mener à lundi midi.
- Point de départ du chrono : à la création du ticket, ou à sa qualification par le prestataire ? La seconde formulation laisse une zone grise.
- Classification des incidents : les délais varient selon la criticité (critique, majeur, mineur). Vérifiez qui décide de cette classification et selon quels critères.
Des GTI/GTR courtes supposent une supervision permanente : un prestataire qui détecte la panne avant vous tient plus facilement ses délais.
Taux de disponibilité : ce que valent réellement les « 9 »
Le taux de disponibilité exprime le pourcentage du temps pendant lequel un service fonctionne. La différence entre 99 % et 99,9 % paraît minime ; en heures d'arrêt, elle est énorme :
| Disponibilité | Indisponibilité max/an | Indisponibilité max/mois |
|---|---|---|
| 99 % | ≈ 3 jours et 15 heures | ≈ 7 heures 18 min |
| 99,5 % | ≈ 1 jour et 20 heures | ≈ 3 heures 39 min |
| 99,9 % | ≈ 8 heures 46 min | ≈ 44 minutes |
| 99,99 % | ≈ 53 minutes | ≈ 4 minutes |
Deux réflexes de lecture : d'abord, vérifiez le périmètre de la mesure — un hébergeur peut afficher 99,99 % sur son infrastructure alors que votre application, elle, tombe pour d'autres raisons. Ensuite, vérifiez si les maintenances planifiées sont exclues du calcul : c'est courant, et cela peut représenter plusieurs heures par mois. Ce point compte particulièrement pour vos services hébergés et cloud.
Pénalités : un SLA sans sanction n'engage personne
Les pénalités donnent sa force au SLA. En pratique, elles prennent la forme d'avoirs : un pourcentage de la mensualité par tranche de dépassement, souvent plafonné entre 10 et 30 % de la facture mensuelle. Points à vérifier :
- Automaticité : les pénalités s'appliquent-elles de plein droit, ou devez-vous les réclamer par courrier recommandé dans un délai court ?
- Plafond : un plafond trop bas (5 % de la mensualité) vide la clause de son effet dissuasif.
- Libératoire ou non : une pénalité « libératoire » exclut tout autre recours, même si la panne vous a coûté bien plus. À négocier pour les incidents graves.
- Reporting : exigez un rapport mensuel ou trimestriel des temps de réponse constatés. Sans mesure partagée, pas de pénalité applicable.
Erreur fréquente : exiger partout les SLA les plus stricts. Une GTR d'1 heure en 24/7 sur l'ensemble du parc coûte très cher. Réservez les engagements forts aux systèmes réellement critiques, identifiés par exemple lors d'un audit informatique, et acceptez des délais standards sur le reste : c'est le meilleur levier pour maîtriser le budget.
Questions fréquentes
FAQ
Quelle est la différence entre GTI et GTR ?
La GTI est le délai maximal de prise en charge de l'incident par un technicien ; la GTR est le délai maximal de rétablissement du service. Un incident peut être pris en charge en 15 minutes et résolu en 4 heures.
99,9 % de disponibilité, c'est combien d'arrêt par an ?
Environ 8 heures et 46 minutes d'indisponibilité par an, soit à peu près 44 minutes par mois. Vérifiez si les maintenances planifiées sont comptées ou exclues du calcul.
Quels SLA sont réalistes pour une PME ?
En heures ouvrées, une GTI de 30 minutes à 2 heures et une GTR de 4 à 8 heures selon la criticité sont des standards de marché. Le 24/7 existe mais se paie nettement plus cher.
Comment vérifier que le prestataire respecte ses SLA ?
Par le reporting contractuel : chaque ticket doit être horodaté (ouverture, prise en charge, résolution) et un rapport périodique doit comparer les délais constatés aux engagements.
Des SLA clairs, adaptés à votre activité
Nous définissons ensemble les niveaux de service dont vous avez réellement besoin — ni plus, ni moins.